Belle journée prévue en ce 22 mai 2026.
Une belle et forte pensée à mon ami Roland . 🙏💪 Courage !
Depuis mon dernier cross, rien à me mettre sous la dent. Un mois de pluie, puis du vent, du vent et encore du vent. Du nord ou du sud, rien ne me convient, trop fort pour me faire plaisir. Certains diront que ce ne sont que des prévis, faut y aller et voir. Et bien j'ai vu. Soit de petits vols dans le coin, soit des beaux vols ailleurs mais dans des conditions turbulentes. No comment, de mon côté j' ai rien perdu, si ce n'est deux mois sans rien faire. Au mieux , les deux, trois journées potentiellement volable, je n'y étais pas. Soit je faisais un ou deux ploufs, soit je n'arrivais pas à grimper. Je relativise et me dis que je ne suis pas dedans. Une appréhension ? Un doute avec moi-même, le vol, les conditions, le mental ?
J'attendais avec impatience une journée où tout se rejoindrait . Et ce jour est arrivé.
Rdv pris à l'attero à 12h, on est nombreux. On co-voiture, merci à Patou pour la montée au déco. On se prépare, on attend les cycles et feu.
Pi'air fait fusible, je décolle derrière et merdoie dans tout ce que je trouve, pas moyen de grimper avec les autres. Je monte, je redescends, et je fais ça à plusieurs endroits, rien n'y fait. Je tape à chaque fois dans une couche qui m'empêche de sortir correctement. Incroyable les autres sont déjà haut et loin , peu importe, je m'accroche pour éviter d'aller au tas. Il m'aura fallu 40 min de combat, de patiente pour enfin trouver qqchose de plus fort, merci à Clément . 1200 m ouff, mais je ne pars pas parce que je vois un oiseau, alors je reviens un peu au vent vers lui, et là merci à toi, je grimpe à 1530 m. Ca fait une heure que j'ai décollé, mais je suis enfin sauvé et je vais pouvoir faire jouer mon savoir technique pour rattraper mon temps perdu.
le plateau d'Entrevennes , entrée de la JulienneBruno est à St julien d'Asse, Pi'air est derrière et vient de passer Brunet. Mon avantage c'est que sorti du déco, tout s'allume et une belle rue de cums s'ouvre devant moi. Je me dirige vers elle, et me fais prendre, je ne vais pas la lâcher. Elle est magnifique et va loin. Dans un premier temps, je vais rattraper et me retrouver avec Gilles et son Ikuma. On va être ensemble un court moment pour finir au bout du plateau mais très vite il me largue pour avancer vite et loin de moi. Je le laisse faire, moi j'assure mes plafs et surtout je garde ma ligne à suivre. Je me laisse pas déconcentrer. Je suis bien.
la rue de cums que je suis depuis la Julienneen direction du Cousson
A ce moment là, depuis mon dernier 2000 m, je n'ai presque rien enroulé ou à peine qqs tours, et j'arrive très vite à Bras d'Asse puis Mézel ou je descends à 1330 m, mais je récupère très vite mon thermique que j'ai en tête, et il est encore là. Il va me remonter à 1760 m, puis 2300 m au col de l'Orme sur la route de Chateauredon.
le Cousson en dessous de moiEt les copains , où sont-ils ? Alors Gilles est au Cousson avec Pi'air , et ils galèrent à remonter. Ils partiront à 1700/1800 m en direction de Courbons. Bruno et Joël sont déjà à la Bigue, on a 30min d'écart. Je suis au plaf, il est 15h , je passe devant le Cousson et me dirige à mon tour sur la ville de Digne, et file vers Courbons.
Courbons
J'arrive sur le parking, et remonte tranquillement, puis me dirigeant vers Martignon et la Gomberge , je retrouve un thermique en nord-ouest , remonte à presque 1600 m et sans attendre je me dirige vers la Blache et la Bigue. Gilles pose au pieds de Courbons, dommage .
la Bigue , côté nord
Bruno pose au pied du Mélan, contré par l'ouest. Dommage. Joël,qui suivait Bruno, fait demi-tour et me rejoint à la Bigue. Pi'air est assez haut sur Martignon , 2000 m et file sur le Blayeul.
transition vers le Blayeul
Avec Joël , on traîne un peu mais très vite on choppe un bon thermique pour grimper à 2400 m. Idéal, et plutôt que de partir sur la crête qui monte vers le Blayeul, je décide de prendre la vallée de gauche et me dirige vers les reliefs de la Robines .Je vais perdre 1000 m, et je vais très difficilement trouver un nouveau thermique. Je ne connais pas le coin, pas facile de chercher l'endroit idéal pour remonter, mes choix n'ont pas été les bons. Dommage. Joël, me voyant descendre, a fait le choix de se diriger vers la crête de droite, plus facile et plus généreux. Pourquoi s'embêter ?
vertical Chabanon à 3000 m Quel bonheur de me retrouver là pour la première fois ! Je me retrouve dans un thermique cool, large, aspiré par le nuage, et je contemple le paysage d'une verdure incomparable, avec un restant de qqs traces de neige.Toutes les fois dans le passé que j'ai voulu venir ici, ce sont révélées être un échec, malgré de haut plaf mais brise forte. Ce jour là, c'était le jour à le retenter. Merci Mère nature .
direction le Blayeulminéral en sud, verdoyant en nord
18 h, j'arrive au Blayeul, il est beau, il m'émerveille , surtout à ce moment de la journée . 😍 J'arrive sous le sommet à 1770 m , seul accompagné de mon ombre, pour un sommet à 2189 m. Je vais traîner un petit moment , je vais refaire un plein à 2460 m, mais il fallait refaire les 3000 m, mais la fatigue mentale me pèche et je me déconcentre. Ma lucidité n'est plus la même, et je tente malgré tout la branche au vent vers le sud ouest pour rejoindre la Bigue à Digne.
Blayeul , face sud
en regardant vers Digne
Du coup, j'entame la transition et comme prévu je me fais descendre dans les basses couches, pourtant j'y croyais mais encore fallait il assurer le plaf et faire ce que tout parapentiste doit faire avant de transiter.
Je vais progresser jusqu'au fond du vallon, face à la brise et poser paisiblement sur un lit de sable du Bès (affluent de la Bléone) , proche de la route qui part de Barles-Esclangon vers Digne.
Quelle aventure ! Quel bonheur ! Quelle émotion à chaque avancement sur le parcours ! Quel massif qui te perfore au plus profond !
le Blayeul au fond On est vraiment rien . Même le plus grand, le plus fort n'est rien dans cette immensité. Il faut vraiment relativiser, rester humble, accepter ce que Mére nature nous offre au moment venu, et renoncer selon son expérience, son mental, et selon les conditions météo.Tout est réalisable mais faut être conscient que de toute façon on reviendra tjrs sur terre.
Alors où j'en suis ? Aujourd'hui, je vais bien car je choisis mes journées de vols, où potentiellement je sais que je vais me faire plaisir comme sur ce vol là . Je m'en tiens tjrs à mes prévisions personnelles, et à mes projets, et ne force rien. Demain sera un autre jour.
Merci Mère nature de m'offir ta beauté, ta générosité, ton accueil dans cette immensité tellement belle. Quels paysages que je me lasse pas de traverser avec respect et humilité !🙏
Merci à Adrien qui est venu me chercher pour me ramener à l'entrée de Digne car j'étais mal barré dans ce coin perdu. Alors vous me direz " pourquoi avoir poser là et ne pas assurer l'autre vallée, celle de la Javie ?" J'étais ambitieux avec les conditions, et c'était faisable alors oui j'aurai pu mais j'ai tenté qqchhose car c'était l'occasion de le faire. Je ne sais pas quand je referai ce genre de vol, tellement j'y passe rarement et tellement ça reste aléatoire. Je ne connais pas le coin et si ça fonctionne, et je sais que ça peut le faire, je serai récompensé d'avoir réussi un tel vol, mais faut savoir aussi se tromper et accepter les échecs, au même titre qu'il faut accepter les ploufs ou les vols courts d'un départ.
Merci encore à ces trois personnes qui ont bien voulu me ramener à ma voiture , surtout à la dernière car il faisait pratiquement nuit.
Merci à mes compagnons de vols pour un partage plus ou moins ensemble. Ca reste difficile selon les conditions, les placements, le matériel. Mais le plaisir est là.
Merci à vous d'avoir encore pris du temps pour lire ces nombreuses lignes . J'ai pas trouvé le temps ces jours-ci d'écrire. Mes récits me prennent autant de temps que de faire le vol parce que quand j'écris j' y mets tout ce que je sens et ressens. Je commence à écrire et boom mon corps, mes organes, mon esprit se retrouve dans le vol, du coup je plane par moment où je ne peux plus écrire car je ne suis plus dans le réel. Difficile à expliquer. Je ne suis plus moi-même.
A très vite pour j'espère un prochain beau et merveilleux vols 🙏
Prenez soin de vous, la vie est belle !
pour la moyenne du vol, j'aurai pu faire les 20 km/h si je n'avais pas perdu ces 50 min pour sortir du site. Faut que je progresse encore de ce côté là.































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