Ce 10 août 2024 restera une des dates gravée dans ma tête. Il m'aura fallût 12 ans pour y retourner, et j'y suis enfin retourné. Le mental étant mon frein, j'attendais avec bcp de recul que ce jour arrive. J'avance, je progresse, je patiente, et surtout je laisse faire Dame nature car c'est elle qui choisit et je fais de mon mieux pour la respecter.
Ce jour là, elle m'a ouvert la porte en grand, elle m'a invité dans son jardin grandiose qui m'a ému au plus au point tellement c'est beau. C'est beau mais c'est dangereux j'en suis conscient et j'y suis allé mais avec de la marge le temps de m'acclimater. Ce n'est qu'un début et pas la fin, j' y retournerai toujours avec ce recul et cette marge de sécurité .

Ca fait 2h que je suis parti, et là il me prend une décision que je ne prends jamais. Habitué à faire un gros plein sur la Bigue 2500/2600 m mini pour transiter vers le Mélan, aujourd'hui les plaf sont faibles, et je prends la décision de filer vers l'ouest du lac de Thoard, sur un relief face à la brise. Je m'inquiète un peu car si ça ne fonctionne pas, je serai mal et risquerai de poser encore trop tôt. Et ça marche, je reprends une bulle à 1400 m, je ne suis pas sous le vent et pourtant il est très turbulent, et très dur à centrer. Je m'accroche et le tiens autant que possible, le seul échappatoire étant le sommet. Yes!
Je remonte à 2050 m sur le Mélan, puis un gros noir m'aspire et avec un planeur je fais presque 3000 m. C'est bon ça ! Un bon plaf pour transiter vers la Motte du Caire. Et j'arrive à 1750 m sur le relief au-dessus de la base de treuil de planeurs où ça remonte de plus belle. Je suis dans un timing parfait aujourd'hui. J'ai rattrapé ma vitesse moyenne que j'avais perdue au départ. Ca aussi c'est bon !

direction la Motte du Caire, entre le Traînon et Jouerre



J'aurai toujours une énorme reconnaissance pour tous ceux qui m'ont aidés à m'en sortir. Toutes les personnes de ce centre ont la main sur le coeur, toujours le sourire, laissant leurs soucis à la maison, pour ne rien faire paraître aux patients, ils sont aidant, compatissant, avec toujours une parole et le réconfort qu'il faut.
Merci à vous pour votre travail et soutien au quotidien. Merci du fond du coeur. Merci à vous membres du bureau, médecins, infirmier(e)s, pharmacien(e)s, kinés, ergothérapeutes, brancardiers, cuisinier(e)s et sans oublier les hommes et femmes de ménage. Sans vous je ne serai pas là pour revivre ma passion .
Dépassant cet endroit , avec toute l'émotion avec, je suis à 2600 m et là encore une émotion énorme avec le lac de Serre-Ponçon qui s'ouvre devant moi.

Dormillouse et le plateau de la Chau 


j'ai le coeur qui palpite tellement fort que j'ai l'impression qu'il va sortir de mon corps

en direction du Vernet et du Labouret

le Trômas , en direction de la Favière et le Cadun

posé à Prads devant le Trômas
Je passe devant le Trômas et enroule un truc en dérivant ouest, et fait à peine 2730 m soit 200 m au dessus du sommet, et encore impossible de monter plus haut. Je passe de 35/40 kmh en haut à 10/12 kmh en fond de vallée dans une grosse brise. Normal.
Sur le village, y avait qqs champs, mais pas accueillant avec des lignes h-t et des arbres, donc sans prendre de risque je pose dans le lit du vent, contré, dans un espace dégagé en bordure de rivière.
Epuisé sur la fin mentalement et physiquement, je suis à genou face aux majestueux reliefs, le coeur encore palpitant trop fort, je remercie Dame nature, en pleurant, de m'avoir offert ce vol magique sur tous les plans. Je n'en reviens pas d'avoir fait ce vol que j'attends depuis longtemps, et en plus relativement dans de bonnes conditions, pas de tout repos mais globalement correct et gérable.
5 h de vol de bonheur, et j'ai bien assuré ma moyenne de vol, je suis content de moi, d'avoir bien voler ce jour en faisant les bons choix dans les positionnements et dans les bonnes lignes de vol transitoires. Le retour a été comme le vol, magique, et je m'attendais à dormir dehors dans ma voile.
Je pose à 17h45, je plie, je m'approche de la route à 50 m, et la première voiture qui passe, une dame de 87 ans me ramasse et me dépose à la Javie. La blague humoristique du jour.
Elle: "Vous faites quoi ici ?" Moi: "Je viens de poser dans la rivière" Elle: "Il est où votre avion ? " Moi: "J'ai pas d'avion, je suis en parapente"
Vu la route étroite et dangereuse quand on croisait qq'un, la dame roulait à 30 kmh. Je m'en fou, je plane encore en l'air et j'allais pas plus vite avec ma voile, donc c'est cool. Elle me laisse à la Javie, je descends et 5 min plus tard une voiture me dépose à Digne, au rond point de Carrefour. Et là rebelotte, ils me déposent et le temps de traverser la route d'un coté à l'autre, un gars sympa me prend et me dépose au rond point de Malijai en direction des Mées.
Je crois rêver de ce qui m'arrive. Arrivé à l'arrêt de bus, et 10 min plus tard un couple me laisse à la sortie de Dabisse, ils voulaient me laisser à ma voiture mais ils n'avaient plus d'essence. Je suis heureux d'être là, en 1h30. Et je vais attendre 20 min, lorsqu'un jeune me prend et me dépose à 20 h à ma voiture à l'attero.
MERCI A VOUS TOUS ! Un truc de malade, un beau vol, et un retour de oufff! Quoi demander de mieux. Aujourd'hui mon mental va bien, avec cette nouvelle approche aux reliefs, c'est pas encore gagner.Y aura de bonnes journées comme celles-ci que je prendrai à bras ouverts, et y aura de mauvaises journées où je n'insisterai pas et sûrement pas pour des kms. Je n'ai rien à prouver, je sais de quoi je suis capable, et je le ferai en temps voulu quand Mère nature me l'offrira. Merci d'avoir pris le temps de lire mon histoire du jour et j'espère vous avoir fait vivre cette journée comme si c'était la votre. Pour ceux qui me suivent au quotidien, merci de vos encouragements et de votre soutien. Merci mes ami(e)s.
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