Tranduction

dimanche 11 août 2024

la patience fait place à l'émotion

Ce 10 août 2024 restera une des dates gravée dans ma tête. Il m'aura fallût 12 ans pour y retourner, et j'y suis enfin retourné. Le mental étant mon frein, j'attendais avec bcp de recul que ce jour arrive.  J'avance, je progresse, je patiente, et surtout je laisse faire Dame nature car c'est elle qui choisit et je fais de mon mieux pour la respecter. 

Ce jour là, elle m'a ouvert la porte en grand, elle m'a invité dans son jardin grandiose qui m'a ému au plus au point tellement c'est beau. C'est beau mais c'est dangereux j'en suis conscient et j'y suis allé mais avec de la marge le temps de m'acclimater.                                                                                                   Ce n'est qu'un début et pas la fin, j' y retournerai toujours avec ce recul et cette marge de sécurité .

 
 
Je décide de faire un départ d'Oraison, à l'attero, j'arrive juste à temps. Merci à Jérôme de m'avoir monté, avec Alex. La météo est correcte, petit ouest jusqu'à 15 h avant que le sud prévu ne rentre et à peine 2000 m de plaf à 13h.             
Alex ouvre le bal  et il monte de temps à autre, il redescend et est en mode   "recherche de thermique".                                      
 
Je suis prêt mais pas d'air. Patou et Jean-Louis arrivent à leur tour et se préparent. Puis un bon thermique passe, Jérôme décolle et fonce vers l'attero, je suis derrière et on sort tous les trois des basses couches.                              C'est pas encore ça mais c'est suffisant pour passer derrière. 
 
955 m, je file sur les lignes et j'attrape un nouveau thermique, j'appelle, Jérôme repart en plaine et Alex me suit. 1400 m, 1700 m, je traîne pas et fonce sur la Julienne. Alex, ayant un autre projet que le mien, m'abandonne et on se souhaite bon vol. Merci à lui de m'avoir aussi aider dans ce thermique .     

                                                                             
                                Plateau d'Entrevennes
 
Derrière moi, seul Alex s'en sort. Il prendra cap vers l'ouest, les autres sont posés. Je suis seul dans mon terrain de jeu favori, la plaine et le plateau que je connais bien. J'arrive à me maintenir aux alentours des 1600 /1800 m, avant de foncer sur Entrevennes et dériver un thermique en sud-ouest jusqu'à 2300 m au bout du plateau. Génial, je suis bien. Je fonce en direction du Cousson, mais je n'y vais pas puisque juste avant je sors encore à 2300 m.
 La patience fait place à l'émotion
  la Blâche et la Bigue

Ca fait 2h que je suis parti, et là il me prend une décision que je ne prends jamais. Habitué à faire un gros plein sur la Bigue 2500/2600 m mini pour transiter vers le Mélan, aujourd'hui les plaf sont faibles, et je prends la décision de filer vers l'ouest du lac de Thoard, sur un relief face à la brise.                            Je m'inquiète un peu car si ça ne fonctionne pas, je serai mal et risquerai de poser encore trop tôt. Et ça marche, je reprends une bulle à 1400 m, je ne suis pas sous le vent et pourtant il est très turbulent, et très dur à centrer.                 Je m'accroche et le tiens autant que possible, le seul échappatoire étant le sommet. Yes!                                            

Je remonte à 2050 m sur le Mélan, puis un gros noir m'aspire et avec un planeur je fais presque 3000 m. C'est bon ça ! Un bon plaf pour transiter vers la Motte du Caire. Et j'arrive à 1750 m sur le relief au-dessus de la base de treuil de planeurs où ça remonte de plus belle. Je suis dans un timing parfait aujourd'hui. J'ai rattrapé ma vitesse moyenne que j'avais perdue au départ.      Ca aussi c'est bon !                                      

 
La patience fait place à l'émotion 
le cirque des Monges
 

La patience fait place à l'émotion

                     direction la Motte du Caire, entre le Traînon et Jouerre

                                                             
                                                                             la Malaup 1561 m 
 
                        
                              relief de la rive droite de Faucon du Caire 
 
Après avoir repris la pompe de la Blachère, je remonte à 2150 m, et continue vers le nord, en laissant la Malaup à ma gauche. Ca fait plusieurs fois que je fais le circuit Malaup, Tallard, la Batie-neuve, j'avais envie de changer et ça fait plusieurs fois que j'étudie ce nouveau passage vers le nord est, pour aller vers Turriers et tenter la transition vers Dormillouse. 
 
Alors c'est le jour pour le tenter. Je suis dans la plaine avec des champs partout pour poser et des routes secondaires pour le stop,donc tout va bien.
Et là, la magie opère. Je suis sur une bonne ligne et ne descend presque pas.
 
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                    vue vers le nord en direction de Piégut et Remollon 
 
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                                                                            vue vers la Blanche et le Tromas

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                                                                          le Mont Colombis  en direction de Espinasses 
 
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                                                             survol de Turriers
 
Il est 16 h, tout va bien, je passe au-dessus de Turriers avec son centre de rééducation. Je suis à 2300 m et j'immortalise ce moment car j'y est passé 13 mois à me reconstruire physiquement. J'en ai pleuré en le survolant car ce fût un long combat de me remettre sur mes jambes.

J'aurai toujours une énorme reconnaissance pour tous ceux qui m'ont aidés à m'en sortir. Toutes les personnes de ce centre ont la main sur le coeur, toujours le sourire, laissant leurs soucis à la maison, pour ne rien faire paraître aux patients, ils sont aidant, compatissant, avec toujours une parole et le réconfort qu'il faut. 

Merci à vous pour votre travail et soutien au quotidien. Merci du fond du coeur. Merci à vous membres du bureau, médecins, infirmier(e)s, pharmacien(e)s, kinés, ergothérapeutes, brancardiers, cuisinier(e)s  et sans oublier les hommes et femmes de ménage. Sans vous je ne serai pas là pour revivre ma passion .

Dépassant cet endroit , avec toute l'émotion avec, je suis à 2600 m et là encore une émotion énorme avec le lac de Serre-Ponçon qui s'ouvre devant moi.

 
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 vue sur le Morgon
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           vue sur les aiguilles de Chabrière au fond sur la gauche
 
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 beau ciel sur le sud

 Juste avant de faire la dernière transition vers la Blanche, je refais un petit 2200 m, et file vers le plateau de la Chau, où j'arrive à 1900 m , je me mets en sud-ouest et reprends une bulle pour remonter à nouveau à 2200 m. Je peux continuer à voler devant la Blanche, et à avancer sans rien enrouler ou presque, en direction du Trômas.
 
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                           vue vers le Morgon et St Vincent les Forts
 
https://ekladata.com/oPRy-k3YH0b0N1_TgIASYnvLNwc.jpg                            Dormillouse et le plateau de la Chau 
 
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                                        Dormillouse 2510 m
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                                              la Blanche vers le Tromas
 
Bizzarement, je fais 2700/2800 m mais sans pouvoir monter vers les nuages vers les 3500 m et ça va me manquer pour avancer vers le sud, en plus en altitude je suis bien poussé par un nord-nord-est, ce qui m'avantageait pour avancer. J'avance tranquillement et sereinement, mais devant, jusqu'au pic de Bernadez, et la Mournière.
 

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j'ai le coeur qui palpite tellement fort que j'ai l'impression qu'il va sortir de mon corps

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                               en direction du Vernet et du Labouret

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                              le Trômas , en direction de la Favière et le Cadun

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                                         posé à Prads devant le Trômas

Je passe devant le Trômas et enroule un truc en dérivant ouest, et fait à peine 2730 m soit 200 m au dessus du sommet, et encore impossible de monter plus haut. Je passe de 35/40 kmh en haut à 10/12 kmh en fond de vallée dans une grosse brise. Normal.

Sur le village, y avait qqs champs, mais pas accueillant avec des lignes h-t et des arbres, donc sans prendre de risque je pose dans le lit du vent, contré, dans un espace dégagé en bordure de rivière.

Epuisé sur la fin mentalement et physiquement, je suis à genou face aux majestueux reliefs, le coeur encore palpitant trop fort, je remercie Dame nature, en pleurant, de m'avoir offert ce vol magique sur tous les plans. Je n'en reviens pas d'avoir fait ce vol que j'attends depuis longtemps, et en plus relativement dans de bonnes conditions, pas de tout repos mais globalement correct et gérable.

5 h de vol de bonheur, et j'ai bien assuré ma moyenne de vol, je suis content de moi, d'avoir bien voler ce jour en faisant les bons choix dans les positionnements et dans les bonnes lignes de vol transitoires. Le retour a été comme le vol, magique, et je m'attendais à dormir dehors dans ma voile.

Je pose à 17h45, je plie, je m'approche de la route à 50 m, et la première voiture qui passe, une dame de 87 ans me ramasse et me dépose à la Javie. La blague humoristique du jour.

Elle: "Vous faites quoi ici ?"                                                                                Moi: "Je viens de poser dans la rivière"                                                         Elle: "Il est où votre avion ? "                                                                           Moi: "J'ai pas d'avion, je suis en parapente"

Vu la route étroite et dangereuse quand on croisait qq'un, la dame roulait à 30 kmh. Je m'en fou, je plane encore en l'air et j'allais pas plus vite avec ma voile, donc c'est cool. Elle me laisse à la Javie, je descends et 5 min plus tard une voiture me dépose à Digne, au rond point de Carrefour. Et là rebelotte, ils me déposent et le temps de traverser la route d'un coté à l'autre, un gars sympa me prend et me dépose au rond point de Malijai en direction des Mées.

Je crois rêver de ce qui m'arrive. Arrivé à l'arrêt de bus, et 10 min plus tard un couple me laisse à la sortie de Dabisse, ils voulaient me laisser à ma voiture mais ils n'avaient plus d'essence. Je suis heureux d'être là, en 1h30. Et je vais attendre 20 min, lorsqu'un jeune me prend et me dépose à 20 h à ma voiture à l'attero.

MERCI A VOUS TOUS !                                                                                      Un truc de malade, un beau vol, et un retour de oufff!                                        Quoi demander de mieux. Aujourd'hui mon mental va bien, avec cette nouvelle approche aux reliefs, c'est pas encore gagner.Y aura de bonnes journées comme celles-ci que je prendrai à bras ouverts, et y aura de mauvaises journées où je n'insisterai pas et sûrement pas pour des kms.  Je n'ai rien à prouver, je sais de quoi je suis capable, et je le ferai en temps voulu quand Mère nature me l'offrira.                                                                          Merci d'avoir pris le temps de lire mon histoire du jour et j'espère vous avoir fait vivre cette journée comme si c'était la votre.                                               Pour ceux qui me suivent au quotidien, merci de vos encouragements et de votre soutien. Merci mes ami(e)s.

Mon vol

Replay du vol

 

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