
le Pic des Mouches 1011 m

Après 1h45 de montée, et grâce à l'aide de Seb durant un ptit moment, je finis au déco HS.

Vite de l'ombre pour souffler, respirer, manger, boire. Je ne suis pas pressé de me préparer comme d'habitude. Vu mon dernier vol ici, je décide de ne pas faire fusible et de lever le pied. Je laisse partir qqs pilotes, je ne suis pas dans la sellette qu'ils sont déjà au plaf.
J'avais prévu de décoller pour 13h, ce sera 13 h15, car peu de vent au déco et des grosses rentrées thermiques nous empêchent de décoller confortablement. Le déco étant vertigineux, je temporise et prends vraiment le temps de décoller en toute sécurité.
Joël décolle avec une clef sur la plume gauche, Etienne, avec une grosse clef sur le côté droit et au centre qui déforme bien son aile. Il réussira à prendre un peu de gaz et à tout défaire, non sans mal. Et moi je pète deux suspentes de bout de plume gauche. Merde, bon tant pis ça ira, c'est pas le côté où j'enroule le plus souvent. On fera avec.
10 min plus tard, on est au plaf à 2050 m et on part ensemble et là commence la deuxième galère de la journée.

Il m'a fallût 2 heures pour faire cette photo.
Je suis au plaf avec Etienne, et lorsqu'on part il se fait descendre dans le sous sol, je le surveille et reste en stand-by. Il descend vraiment bas et se refait limite. Joël est déjà loin, je ne le verrai plus.
A mon tour, je sombre et me retrouve à ses côtés à essayer de choper son thermique. Catastrophe, lui monte et moi plus rien. Je suis en perdition entre Jouques et Rians, un coup c'est est, un coup c'est ouest, un vrai merdier.
J'entends trop les copains qui annoncent leurs plafs, et leurs trajectoires, je n'entends plus mon vario, je coupe la radio. Je passe sous les 1000 m, puis sous les 500 ( 100 m/sol ), je fonce sur une crête est/ouest en me disant que ça va sortir que dalle. Je me résigne à aller poser en sécurité, je hurle de rage. Il est 13h50
Je retrouve un bip qui sort d'une gorge en ouest, merdique comme pas possible, un tour, deux tours, trois tours, je reprends qqs mètres, je le perds, je repars au vent, je retrouve qqchose, encore qqs tours dedans, encore perdu. Je redescends à 540 m, fonce vers Rians, et choisis un terrain pour poser, j'entends les gamins qui crient dans les piscines. C'est mauvais signe.
Un bip, deux bip, allez j'enroule, et là au désespoir d'avoir perdu, je remonte sur un canal et un barrage, je remonte à 1680 m, je respire un peu mieux pour qqs instants, mais j'estime ne pas avoir gagné.
Les qqs cums qui sont là ne tirent pas, et c'est relativement stable et désordonné. Je profites du gaz que j'ai pour traverser Rians, et aller plus vers l'est au niveau d'Artigues, sous de beaux cums bien ronds.
Je passe à nouveau sous les 1000 m, et là enfin, un bon thermique me hisse vers les cieux, je ressens la fraîcheur. 2380 m, ENFIN.
enfin je respire sur Rians
Il est 15h15, et je vois tjrs la Ste Victoire. Horrible! Je file vers le nord et reprends le petit sud météo qui me pousse confortablement.
Je suis épuisé, assoiffé. Mon seul but, rentrer à Oraison.
le lac d'Esparon
vue vers Cadarache et St Paul
Je remonte encore à 2500 m au niveau des 4 chemins , et continue ma route, je suis bien .
Manosque
Et là, la magie opère. Je vais me coller au plaf sans pouvoir faire les nuages. La rue va jusqu'à Lure pour l'instant. Je prends la direction de Vinon, Manosque, Volx, sans descendre, et je ne voulais plus descendre, tellement je me suis battu. Je regarde la balise d'Oraison qui est forte en sud-ouest, pas la peine d'aller là-bas, tout va être couché et je risque de ne pas rentrer. Donc, j'assure et on verra bien.
A un moment donné, je m'interroge de n'entendre personne à la radio. Merde, elle est éteinte. Allez, je la rallume et j'entends bon nombre de pilotes, posés vers Reillanne, Montfuron, Cereste. Que s'est-il passé, c'est l'hécatombe? Il en reste une petite poignée, qui ont passé Lure.
la montagne de Lure
J'arrive sur Volx tjrs au plaf , et là plus envie d'aller poser , je fonce sur Lure.
Ca fait une heure que je suis au plaf, j'ai eu le temps de me reposer, et j'arrive à Forcalquier, un simple formalité tjrs avec les cums qui s'allument devant moi. Je file vers St-Etienne-les-Orgues, et le passage de Lure est assez contraignant à passer. Il faut de la marge et pas partir de trop loin car la pente sud est trop douce pour s'y appuyer, donc faire le plein devant et plonger derrière.
Je suis à 2250, trop loin. Faut que je me rapproche encore. 2000 m, je ne peux pas passer. Et là, j'arrive au niveau des antennes et me fais tordre et appuyer. Je devrais avoir du sud météo, et j'ai comme un nord ouest qui me fait replonger dans la vallée.
Je ne peux pas aller vers Peipin, la transition est trop longue, et que de la forêt. Je me risque pas d'attendre un thermique, et plonge vers Mallefougasse à 1000 m, et me dis que c'est loin pour rejoindre Peyruis.
Lure vu de Peipin
Je repère un attero immense, au village, et à 850 m je reprends un thermique, je teste pour voir si je dérive pas trop par rapport au taux de monté, tjrs avec l'oeil sur un attero. 2,2 /2,5 ça va, je peux continuer, je peux atteindre Chateauneuf-Val-St Donat en sécurité.
Le temps de prendre mon thermique, j'aperçois Martin, venu lui aussi de la Ste Victoire. Quelle surprise et quelle joie de se retrouver ensemble, il est au plaf et fonce vers le Mollard à Sisteron mais tombe du ciel pour se retrouver à la crête. Je suis à 2600 m pour à nouveau atteindre la fraîcheur.
Plaine de sisteron -Laragne
Martin se fait descendre dans la vallée du Jabron, et ira poser à Sisteron. Dommage, on aurait pu finir le vol ensemble. Bravo mec!
Moi je lui passe au-dessus à 1750 m et file dans la plaine de Ribiers. Sans savoir où j'allais arriver, mon objectif final, du début de vol, était Laragne-Gap ou les environs. Je passe sur le Buëch et prends tous les bips que je trouve. Ribiers, 1300 m. Allez, je pose à Mison, 1150 m, je regarde mon kms, et je suis à 96. OUPS!
J'aimerai bien un ptit effort et que Dame nature m'aide une dernière fois. Plus que 4 kms, je continue un peu en restit, ça porte. Je suis à l'entrée de la ligne droite de Laragne, 850 m et 260m/sol. Il me reste 2 kms .


attero devant la montagne de Chabre à Laragne
YES, YES, YES!
je passe les 100 kms, presque 5h de vol. Qui l'aurait cru, sûrement pas moi. Je hurle de joie, et remercie Dame nature. Quelle émotion! Mon objectif de la saison est atteint.
Je pose dans un beau champs coupé sous les Klaxons des voitures, et des bras levés, comme s'ils m'avaient suivi depuis le départ mais sans savoir d'où je suis parti .
Je pose face à l'ouest, rincé, mes jambes ne me soutiennent plus, je tombe au sol, en me détachant couché. Et ma voiture est à la Brillanne, merci Joël.
Je plie tranquillement, et attaque le stop. J'ai attendu une bonne heure avant qu'un mec super sympa, kiteur et qui a fait qqs bi en parapente, descend à marseille, et me dépose à ma voiture. Merci.
Merci les copains de votre compagnie, même si je l'ai fait en solo, derrière vous.
BRAVO aux copains pour leur magnifique vol respectif
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