Le réveil sous le gris ne laisse rien présager de bon...mais l'émagramme dit le contraire !
Un plaf à 2000 avec des cum, alors que le soleil ne sort qu'à partir de 10h...? je ne demande qu'à voir, en plus va y avoir du monde aujourd'hui c'est compète.
Briefing
à l'atterro et tout le monde se prépare, nous on veut pas poser dans un
rond, on veut crosser, on retrouve JML, Benoît, Domi, Patou et qqs
autres, on se prépare vite et à 13h on saute en l'air, car les
concurrents sont obligés de faire les oreilles pour pouvoir descendre
poser dans la cible....
Voyant tous les pilotes de la P.A tenir depuis 11h , voir même monter dans une bonne instabilité , je me décide à décoller pour 13 h , avertissant les autres crosseurs . On a plein de fusibles , ça va nous aider , au moins pour le départ.
13H05 je suis prêt et comme à son habitude seul Pi'air se prépare à côté de moi . Les autres veulent regarder voir si on monte ou si on pose mais ici c'est spécial et faut vraiment tenter sa chance tous ensemble car il peut y avoir qu'un seul créneau sur un temps donné et ne plus rien avoir durant de longues minutes.
Je décolle en premier , je file vers l'antenne , derrière en nord ouest , qqs bulles mais rien d'exploitable, du coup je fais demi-tour et voit un bi monter assez loin devant le déco , vite je tente le coup et attrape sa montée et enroule, Faut pas lâcher . Je reprends qqs mètres, puis un autre pilote file à l'atterro et à ma hauteur se met à monter encore plus, je file sur lui et là c'est mieux, Je remonte bien et en revenant vers la crête, Pi'air décolle et rentre dans la colonne thermique .
Heckel et Jeckel rentrent en action, on ne nous reverra plus. ![]()
il fait frais mais c'est méga bon et pas turbulent
Alain est à côté et on file plein Est
Sur le déco, plus d'air , la biroute pend le long du mat et les autres pilotes ne peuvent décoller pour tenter un départ et nous rejoindre.
Bon c'est pas folichon , c'est assez petit , heureusement à deux on s'en sort bien . La traversée du plateau va être compliquée, je me dis "" A-t--on décollé trop tôt ?"" ""le plateau est il assez actif, il n'a pas chauffé de la matinée ?""
les nuages sont loin et je tourne tout ce qui bouge.
Alain se fait salement descendre pendant sa transition vers la Julienne.
On est parti à 1150 m , en dérive ouest nord-ouest, et on file vers la Julienne . Je tente de me rapprocher de la crête du plateau qui surplombe la vallée du Castellet au vent, mais je n'avance pas bcp et tombe . Pi'air lui reste dans l'axe et surfe mieux dans une vague montante.
Il ne fait que monter en direction des premiers cums .Moi, je tombe jusqu'aux arbres, à 760 m, soit 200 m/sol, j'ai encore un minima d'espoir, mais ça sent mauvais . A 800 m, il faut dégager poser dans la vallée de l'Asse, mais je sens une attirance vers la pompe principale du plateau donc je reste et insiste
Ouff ! J'ai une bonne dérive sud-ouest mais le vario chante et plus je remonte , plus il chante fort. 1615 m, puis 1915 m .
Gros décalage d'altitude entre la trace et le réel, puisque j'ai fait presque 2100 m. Et pareil pour Pi'air, trace à 2075 m, réel 2250 m, dans le nuage.
mais heureusement il trouve un "truc" et remonte
2000 les barbules...mais ça continue de monter et comme je suis en bordure du nuage je continue de tourner
Alain file et traverse l'Asse, je continue de tourner
Heureux d'être remonté et d'être enfin au plaf, je file vers Puimoisson et rentre dans la partie délicate sur le plateau de Valensole . Je suis couvert comme un esquimaux mais je suis congelé et tremble de tout mon corps, et je suis à la limite de l'onglet . Heureusement pour moi , je ne reste pas trop longtemps en altitude, et me rapproche rapidement près du sol . Point positif , je me réchauffe un peu . Point négatif , je suis tjrs en mode survie, prêt à poser.
Je
me retrouve encore à 300 m/sol au sud de Puimoisson, je file à nouveau
vers une pompe principale, que j'attrape . Bingo ! 3 vautours se
joignent à moi , et le spectacle commence . ![]()
On
va enrouler ensemble du sol jusqu'au plaf à 2000 m . Et encore mieux,
un aigle vient à notre rencontre et fait qqs ronds avec nous durant qqs
mètres . Autant les vautours , j'ai confiance , autant je surveille de
près le rapace majestueux de ses éventuelles réactions. Par chance, il
quitte la pompe et s'en va , je ne sais où . Je ne le reverrai plus . ![]()
Arrivé au plaf , j'annonce à Pi'air que je file vers Moustiers .
Malheureusement, Jean-Michel se fait avoir et pose sur le plateau derrière le déco. Il repartira au déco pour retenter sa chance. Mais nenni , rien à faire .
A 2250 je traverse vers Puimoisson
Alain est vers le petit lac derrière Brunet...les cums suivant sont très loin
En regardant vers la Durance il tombe de la neige sur le bout de Lure, c'est pour ça qu'il pèle un peu
je traverse Puimoisson et file vers Moustiers
C'est incroyable comme il chute bcp moins que moi, il est sur une trajectoire bien portante malgré la descente pendant les transitions . Je me rencontre de la différence de voile, entre le modèle et surtout de la qualité du matos . C'est pas la première fois que je m'en aperçois.
Un vautour me tient compagnie pour refaire 1800 avant Moustiers
Il neige partout jusqu'à Digne
le sommet du Montdenier est bien enneigé.
j'arrive sur Grande Ourbe, Alain est arrivé jusqu'au déco de Courchon et traverse les gorges.
J'arrive près du déco de Courchon ( à sa droite) , et vais me jeter sur le seul pilier ensoleillé car tout est dans l'ombre, et je remonte illico dans un bon thermique à 1450 m , et sans traîner je traverse les lignes HT , le lac et file vers le déco du Vernis, dans l'ombre lui aussi . Le lac est miroir, la biroute pend . Ca va être compliqué de faire mieux .
le paysage est froid mais majestueux
je traverse les gorges du Verdon et file vers le Vernis
je remonte illico et file sur le déco du Puits
Sur le Grand Margès je me fait démonter, demi-tour avant Canjuers
Alain est bloqué sur le Vernis et n'arrive pas à sortir, tout passe à l'ombre...c'est cuit
je retraverse les gorges dans l'ombre et hésite un moment avant de filer sur Ourbes qui est au soleil
Mais si ça ne monte pas je n'ai aucun terrain de vachage possible...c'est forêt !
j'ai froid, voilà plus de 2h que je vole à zéro au nuage, je descend
Alain arrive qqs minutes plus tard.
En
arrivant sur le Vernis, je regarde l'heure et mon vol . je n'ai jamais
fait le trajet aussi vite malgré mes points bas . Et la fin du vol me
fait tomber ma moyenne . Je suis resté une heure sur la crête et les
gorges à essayer de remonter. Je n'ai rien eu comme Pi'air pour
traverser vers le Puit et faire Margès . Un grand bravo à lui qui a su
trouver l'opportunité de le faire. ![]()
Le temps qu'il fasse sa traversée, je refais un dernière tentative pour repartir vers Ourbes et Moustiers et tenter un petit bout du retour . Dernier thermique vers le pont du Galetas, je traverse les gorges, me dirige vers les ligne HT mais impossible de passer , encore tout dans l'ombre. C'est fini et vais poser à la plage rejoindre mon compagnon de vol.
On plie et juste avant que notre navette arrive depuis Oraison, merci JML, il se met à neiger
de bons gros grains de grésil bien gelés (eux aussi)
Benoît et JML nous récupèrent et on file vers Oraison sous une petite neige qui tombe
Sur la route le paysage en dit long sur la dégradation météo qui s'opère
Arrivés à l'atterro c'est la fin de la fête avec la remise des récompenses...et Phil de la Cadière gagne un superbe trophée...
Merci à tous et merci à nos sauveteurs pour la navette, sans eux on aurait été un peu mouillés.
On
devait faire le voyage ensemble avec Jean -mi, et on avait la navette
du retour. Malheureusement ça s'est déroulé autrement mais notre cher
compagnon de vol a tenu sa promesse, et avec sa grande générosité , est
venu nous chercher avec Benoit , pour nous éviter de galérer. Un énorme
merci. ![]()
Merci à Pi'air pour cette belle balade ensemble , et à dame nature pour sa beauté environnante .
Quel spectacle encore aujourd'hui !
Les chutes de neige au loin, comme un voile de mariée . Les sommets saupoudrés de neige comme du sucre glace sur un gâteau . Et ces oiseaux majestueux, qui tournoient autour de nous avec une envergure surprenante et un regard agressif, mais de toute beauté. Tout ce qu'on aime quand on vole et qu'on partage avec notre petitesse .





































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